La Poétique du « sauvage », thèse d’Elise Müller

Elise Müller, aujourd’hui sociologue consultante (voir son LinkedIn), a présenté en février 2012 une thèse dirigée par David Le Breton, professeur à l’université de Strasbourg, sociologue et anthropologue (voir sa page wikipédia), intitulée Poétique du « sauvage », une pratique du tatouage dans le monde contemporain.

elise muller

C’est seulement au cours d’un bref passage, situé à la page 21, qu’Elise Müller mentionne le tatouage en Arctique, semblant tiré une grande partie de ces informations dans la référence bibliographique suivante : Antomarchi V., « Les tatouages inuits dans l’Arctique canadien », in La belle apparence, sous la direction de Gilles Boëtsch, David Le Breton, Nadine Pomarède, Georges Vigarello et Bernard Andrieu, Paris, CNRS Editions, 2010, pp. 70-80. Pour plus d’informations sur Valérie Antomarchi, vous pouvez consulter l’article que nous avons fait à propos d’une de ses publications ici.

Si l’auteur ne parle pas vraiment des pratiques contemporaines, comme le suggérerait le titre de sa thèse et alors qu’elle les évoque pour d’autres types de tatouages, elle explique cependant, comme nous l’avons déjà vu, que le tatouage inuit était l’un des rites pratiqués par les chamans, pour ses vertus curatives et protectrices envers les esprits maléfiques et les âmes des animaux tués à la chasse. Pour « amadouer » ces esprits d’animaux et donc pour faciliter la chasse, les femmes et les filles de pêcheurs arboraient des talismans tatoués.

Mais l’article d’Elise Müller nous apprend également que « comme dans de nombreux autres endroits du globe, les femmes non tatouées étaient moquées » (ce qui montre l’importance sociale du tatouage !) et que c’est la christianisation (et donc la colonisation) de l’Arctique qui a eut pour effet de « faire disparaître en grande partie la pratique ».
Ce sont désormais des types de tatouages plus occidentaux qui sont portés par les jeunes, même si « une minorité d’entre eux manifeste cependant aujourd’hui le désir de renouer avec leur identité inuit et les pratiques qui lui sont propres, dont le tatouage traditionnel. » (Ce qui est par exemple le cas d’Alethea Arnaquq-Baril.)
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