Bilan

Conclusion globale sur le sujet du tatouage inuit

A l’issue de ces 3 mois de recherche, nous pouvons d’ores et déjà dresser un bilan de la survivance du tatouage dans les contrées arctiques.

Le tatouage était jusqu’au XVIe siècle, époque de la colonisation, une tradition bien ancrée dans la société inuit, pratiqué cousu sur le visage et les mains des jeunes femmes pubères, pour marquer leur passage à l’âge adulte, et parfois sur les hommes pour commémorer des faits d’armes. La colonisation s’accompagna de la chrétienté, qui, condamnant le tatouage, fit rapidement disparaître la pratique dans la plupart des régions du Canada. Seules quelques régions marginales comme l’île Saint-Laurent firent perdurer la tradition jusqu’au début du XXe siècle.

La pratique du tatouage ancestral est aujourd’hui et depuis plusieurs décennies exceptionnelle, d’autant plus que les dernières femmes qui maîtrisaient la technique et pouvaient transmettre sa valeur culturelle et spirituelle sont décédées au début du XXIe siècle. Les nouvelles générations envisagent alors le tatouage de façons diverses. La plupart du temps, le tatouage est chargé d’une connotation négative héritée de la christianisation, surtout pour les plus de 40 ans. Quand un inuk d’aujourd’hui se fait tatouer, les motifs et techniques choisis sont pratiquement toujours nord-américains, malgré une tradition ancestrale de plusieurs millénaires. En somme, les Inuit actuels envisagent le tatouage de la même manière que les Occidentaux. Quelques rares personnalités ont cependant ressenti le besoin de faire revivre le tatouage inuit sur leur propre corps, à l’instar d’Alethea Arnaquq Baril ou d’Adeline Raboff. Ces femmes tatouées avec les motifs traditionnels sont exceptionnellement rares, et leur décision a été reçue de manières diverses : rejet et incompréhension, mais aussi bienveillance, admiration et intérêt. La tradition perdure également à travers les productions artistiques des artistes inuit, comme on l’a vu avec les masques tatoués de Billy Merkosak.

D’autre part, on constate un souci de faire revire les anciennes techniques de tatouage de la part des anthropologues et tatoueurs occidentaux. Ainsi de plus en plus de tatoueurs partent enquêter sur les anciennes traditions et pratiquent certaines techniques ancestrales dans leur studio de tatouage ou au cours de festivals d’archéologie expérimentale comme Erik Reime à Lejre.

Les ressources numériques et le tatouage inuit

Ce blog est donc le fruit d’un travail de recherche dont le principe était de constituer, uniquement à partir d’informations du net, un blog sur le sujet de notre choix, en lien avec l’histoire de l’art ou l’archéologie. Le Delicious, le Netvibes, et le Flickr, accessibles à tout internaute, ont été des outils précieux dans le cadre de cette réalisation.

Celle-ci ne constitue en fait qu’une petite introduction aux multiples possibilités offertes par les Digital Humanities, que nous avons présentées dans un article d’introduction. Les ressources numériques étaient composées, en ce qui concerne notre sujet, d’un contenu extrêmement varié : blogs, vidéos, articles scientifiques, de magazines ou d’encyclopédies, extraits de thèses… contenu qu’il a fallu continuellement évaluer au moyen d’un esprit critique, indissociable des recherches numériques au vue de la masse d’informations disponibles.

Au fur et à mesure de cette prise de contact puis de notre appropriation de ce contenu via la création d’articles, nous avons pu nous rendre compte que les informations se recoupaient, et qu’un véritable réseau de références et de connaissances s’était formé autour des publications, spécialistes ou amateurs, sur le sujet.

Des limites ?

Mais les ressources numériques appliquées au tatouage inuit et à sa survivance dans le monde contemporain présentent tout de même des limites. En effet, comme nous en avons déjà parlé dans l’un de nos articles d’introduction, les sources que nous avons consultées révèlent une grande ambiguïté dans l’emploi du terme « inuit ». Les ressources étaient certes variées, mais nous n’avons eu accès qu’à un contenu de qualité relativement restreint en ce qui concerne le tatouage inuit à proprement parler. Les vidéos auxquelles nous avons eu accès étaient par exemple souvent médiocres dans leur aspect sonore ou visuel, mais aussi dans leur contenu.

Au final, la référence la plus complète et pointue était celle de Lars Krutak, complétée par les articles scientifiques et encyclopédiques. Quant au film Tunniit, d’Alethea Arnaquq-Baril, qui semble prometteur dans l’apport de nouvelles connaissances sur le tatouage inuit, il n’est pas encore disponible aussi bien sur le net qu’en DVD.

Le tatouage inuit sur le site de Lars Krutak

LA référence sur le tatouage inuit sur internet : le site éponyme de Lars Krutak.

La pleine connaissance du sujet nécessiterait une consultation de livres, pas forcément tous numérisés sur des sites tels que Google Books. Il s’avère en fait que les articles les plus scientifiques que nous ayons consultés renvoient vers ces sources imprimées, montrant ainsi l’ouverture des ressources numériques sur le reste du monde de la recherche mais aussi son actuelle dépendance vis à vis de celui-ci. Les ressources numériques se révèlent donc insuffisante pour couvrir parfaitement le sujet, c’est pourquoi il serait intéressant pour les chercheurs de poursuivre la numérisation des sources imprimées, non seulement pour améliorer l’accessibilité aux connaissance sur le tatouage inuit, son histoire et sa pratique, mais aussi pour garantir le progrès dans ce domaine de la recherche.

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