A propos de nous

Nous sommes trois étudiantes en deuxième année de licence d’Histoire de l’Art et Archéologie à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.  Ce blog est créé dans le cadre du cours intitulé « Ressources numériques », où il nous est demandé de fournir un travail de recherche dont le principe est de constituer, uniquement à partir d’informations du net, un blog sur le sujet de notre choix, en lien avec l’histoire de l’art ou l’archéologie. Nous avons donc décidé de consacrer cette plateforme internet au sujet du tatouage inuit, de sa tradition et de sa survivance dans le monde contemporain. Ainsi, nous nous concentrerons sur la place du tatouage inuit dans notre monde actuel, aussi bien chez les Inuit aujourd’hui, que dans les pays occidentaux. Il s’agira plus particulièrement ici de présenter, d’étudier et d’analyser les différentes ressources numériques consacrées à ce thème.

Remarque : Les hypertextes liés aux images qui illustrent directement le tatouage inuit redirigent vers notre flickr. Vous y trouverez plus d’informations sur les images en question ainsi qu’un lien vous redirigeant vers le site source de l’image. Les autres images redirigent directement vers le site source. Vous pouvez aussi consulter notre page delicious (« tatouageinuit ») en cliquant à droite des articles sur « Notre Delicious », afin de parcourir plus directement les différents liens utilisés pour la réalisation de ce blog (et nos résumés descriptifs de chacun des liens). Pour suivre l’actualité de certains sites concernant l’archéologie, l’anthropologie, l’histoire de l’art, voire plus précisément le tatouage ou les Inuit, vous pouvez consulter notre netvibes (également disponible  à droite des articles).

L’image d’en tête est tirée de la vidéo promotionnelle du film Tunniit : retracing the lines of Inuit Tattoos (0:14), réalisé par Alethea Arnaquq-Baril (son site). La vidéo est consultable sur Youtube. Nous l’avons d’abord découverte sur le blog Indigenous tattooing.

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Les peuples de l’Arctique

En 1977, se déroula à Barrow, en Alaska, la première Conférence Circumpolaire Inuit. Cette dernière, visant à « renforcer l’unité du peuple Inuit, à promouvoir leurs droits et intérêts et à assurer le développement de leur culture », choisit de remplacer le terme « eskimo » par le terme « Inuit ».

Le choix d’un terme pour désigner un peuple n’est en effet pas anodin.  Voilà précisément ce que nous aimerions clarifier dans cet article.

Le terme « esquimau » désignerait, dans la langue des Indiens Algonkins : « mangeur de viande crue». Ce terme a été rapporté par les colons français au XVIIe siècle, et c’est en grande partie suite à ce passé colonial que le terme a été abandonné pour l’utilisation des noms locaux (Inuit, Yupik …). En plus de posséder une connotation coloniale, le terme est très vague : il désigne à la fois les peuples d’Alaska, du Canada, du Groënland et de l’est de la Sibérie, sans parler des nombreuses îles de la région (notamment l’île St Laurent).

Il y a donc de nombreux peuples en Arctique et la façon dont les étrangers les désignent n’est jamais précise ni constante. En effet, on remarque des amalgames constants entre Inuits, Yupiks, ou encore l’utilisation du terme Esquimau pour parler de l’ensemble de ces peuples.  Il est vrai que par le mot « inuit », la plupart des sources désignent tous les peuples de l’Arctique.

Suite à la découverte, au début des années 1920, par Therkel Mathiassen, de vestiges archéologiques ressemblant à des artefacts utilisés par les Inuit actuel, les Inuits ont été définit comme un peuple à la descendance thuléenne. C’est ce qui les différencie, encore aujourd’hui, des Yupik ou encore des Aléoutes. Cependant, le terme Inuit, englobe parfois tous les peuples de cultures « semblables » vivant dans le Cercle Circumpolaire.

Pour ne faire aucune erreur ou généralisation dans la désignation des peuples, il faut se rapporter à la façon dont eux-mêmes se nomment.

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Carte montrant les membres de l’ICC. Réalisée à partir de la Charte de l’ICC. Attention : le Nord est en bas, le Sud est en haut.

Ainsi, dans la région du Nunavut, du Nunavik, Nunatsiavut, les peuples se disent « Inuits » (« Nunaat » signifie « la terre des Inuit » en inukophone).  Le Groënland est peuplé de personnes “Kalaallit”, ils se disent apparemment Inuit (et possède la même descendance thuléenne), mais parle une autre langue d’où découle leur nom : le Kalaallisut. A l’ouest de l’Arctique canadien se trouve les Inuvialuit, définit comme des Inuit et de descendances thuléennes. Les Inupiat, quant à eux, au nord de l’Alaska, sont également dit Inuit, et cohabitent avec les Yupiks.

 Au Sud de la pointe ouest de l’Alaska, sur la pointe orientale de la Russie et sur l’Île St Laurent, les habitants se disent « Yupiks » (en langue yupik, « Yuk » signifie « personne » et « -pik » : « vrai »).

carte répartition 1

Carte de répartition des Tchouktches, Yupiks, Aléoutes, et Alutiiq, faite à partir de Googlemap, suite à la recherche effectuée pour l’article sur les différents peuples de la région .

Sur la côte Sud de l’Alaska, les populations sont appelés « Alutiiq » par les Yupiks, avec lesquels ils cohabitent. Le nom des Alutiiq est proche de celui des « Aléoutes », mais ces populations semblent se distinguer et se dire de culture différente.

Les Aléoutes vivent sur les Îles Aléoutiennes, les Îles Pribilof ainsi que les Îles Shumagin  (au Sud-ouest de l’Alaska, non visible sur la carte suivant la charte de l’ICC) et également à l’est de la Russie, au Kamchatka Krai.

carte de répartition des aléoutes en Russie

Carte de répartition des Aléoutes en Russie.

Pour finir, les « Tchouktches » (« le vrai peuple » en langue tchouktche), cohabitent avec les Aléoutes sur le Kamchatka Krai, et avec les Yupiks sur la pointe nord-est de la Russie.

Carte de répartition des Tchouktches

Carte de répartition des Tchouktches

ICC désigne par « peuple inuit », dans leur Article 1 : « indigenous members of the Inuit homeland recognized by Inuit as being members of their people and shall include the Inupiat, Yupik (Alaska), Inuit, Inuvialuit (Canada), Kalaallit (Greenland) and Yupik (Russia) ».

Malgré cela, tous ces peuples que nous nous sommes efforcés de définir géographiquement sont souvent rattachées à une seule « culture Inuit ». Mais cette dite « culture » est-elle anthropologiquement recevable ? Rien ne l’indique. Au contraire, la création de l’ICC est une preuve que le peuple Inuit se revendique comme ayant sa propre  « culture, sa propre terre et ses propres ancêtres » (pour reprendre leurs termes). Ces peuples semblent, tous, eux-mêmes se définir avec une culture particulière. Cette idée de « culture Inuit » serait-elle alors le reste d’un regard lointain et anciennement colonial ? Ceci est fort probable. La confusion qui règne dans les définitions se fait lourdement ressentir dans les ressources numériques. Ces dernières définissent rarement clairement les cultures dont elles font mention, et le terme « inuit » est, comme nous l’avons déjà mentionné, souvent utilisé très globalement (un peu comme s’il avait remplacé, en définitive, le terme d’eskimo).

Dans ce blog, nous parlerons du tatouage Inuit en suivant la définition de l’ICC.

Cet article a été réalisé à l’aide des articles (anglais et français, pour chacun des sujets) Wikipédia nommé « Yupiks », « Inuits », « Aléoutes », « Alutiiq », « Tchouktches », « Inuvialuit », « Inupiat », « Kalaallit », et les différentes régions dont il est fait mention dans ces articles / L’article anglais Wikipédia de l’Inuit Circumpolar Council / 3 sites sur 4 de l’ICC (du Groënland, du Canada et de l’Alaska, mais il en existe également un de la Russie)/ le court article sur le cercle circumpolaire inuit sur le site goodplanet.info.

Il n’est pas impossible que des erreurs, malgré tous nos efforts, persistent, surtout concernant les Aléoutes, les Alutiiq, et les Tchouktches (non définis par l’ICC).

L’apport des Ressources Numériques

« Le tournant numérique pris par la société modifie et interroge les conditions de production et de diffusion des savoirs. »

Il s’agit du premier point de la définition des digital humanities, établie dans leur Manifeste, entreprise collective publiée sur tcp.hypotheses.org par Marin Dacos, directeur du Centre pour l’édition électronique ouverte.

https://tatouageinuit.files.wordpress.com/2013/04/digital-humanities-manifesto.jpg

Poster du « Manifeste pour les Digital Humanities« 

En effet, il n’aurait pas été possible pour nous d’effectuer le même travail sur le tatouage en Arctique et sa survivance, ni d’exploiter les mêmes ressources il y a une trentaine d’années. Livres numérisés consultables directement depuis le poste informatique, liberté, aisance et rapidité d’accès à un contenu toujours plus important, complet et varié : les nouveaux outils numériques, et en particulier l’utilisation d’internet, nous ouvrent à de nouvelles manières d’appréhender les ressources offertes par l’ensemble des « Sciences humaines et sociales, des Arts et des Lettres ». Tout en mobilisant et réunissant les connaissances du passé, les digitial humanities accélèrent et développent à une échelle internationale l’échange d’informations, permettant ainsi une évolution majeure dans le travail collectif mais également une avancée dans les recherches inter et pluridisciplinaires.

En perpétuelle évolution, ces ressources doivent être soigneusement contrôlées et utilisées avec précaution : une utilisation stricte des références et la mention de l’origine des sources convoquées est requise (mais ces usages sont également de mise avec les documents imprimés).

Tout au long de notre étude, il sera important de bien choisir nos mots-clés (ce qui est particulièrement délicat pour notre sujet, voir l’article sur les peuples de l’Arctique), essentiels pour diffuser et partager nos informations dans la « blogosphère » et au delà.

Les digital humanities, malgré certaines contraintes techniques, économiques et éthiques qu’il convient de maîtriser, ont donc pour objectif, selon le Manifeste, « le progrès de la connaissance, le renforcement de la qualité de la recherche dans nos disciplines, et l’enrichissement du savoir et du patrimoine collectif, au-delà de la seule sphère académique ».

De l’orthographe et de la terminologie

Au cours de la formation de ce blog, nous avons été confrontées à des problèmes de terminologie.

Ces problèmes relevaient d’abord de l’utilisation même du mot « inuit », en temps que définition d’un peuple, comme on le voit dans l’article sur les peuples de l’Arctique.

L’autre aspect du problème concerne l’orthographe même des mots. En effet, la terminologie française a pris le mot « inuit » comme masculin singulier, et l’accorde en genre et en nombre : inuit/inuits, inuite/inuites. Cependant, dans la langue inuit, l’inuktitut, « inuit » est en réalité le pluriel du mot, dont le singulier est « inuk ». On dira alors : un Inuk, deux Inuit. L’anglais utilise également cette terminologie, et l’orthographe anglaise est souvent différente de la française . De même, il est possible d’écrire « esquimau » ou « eskimo », les deux orthographes sont justes. Ou encore, il est possible d’écrire Yupik/Yupiks ou Yup’ik/Yupiit. De nombreux termes d’origine inuit présentent ainsi une double orthographe. Notez que le pluriel est signalé dans les langues inuits par le suffixe -it. Nous avons utilisé indifféremment dans ce blog toutes ces terminologies.

Après cette parenthèse, nous vous proposons un petit glossaire des mots inuits que vous pourrez croiser dans ce blog ou dans vos recherches :

  • Igloolik : petite communauté inuite du Nunavut
  • Inuinnaqtun : langue proche de l’inuktitut, voire dialecte inuit. Cette langue est écrite en écriture latine.
  • Inuktitut : la langue des inuits. Elle possède un système de notation syllabique propre.
  • Kakiniit : « tatouage » en inuktitut
  • Nunavik : territoire à l’est de l’arctique canadien
  • Nunavut : territoire au nord de l’arctique canadien
  • Tunniit : désigne les tatouages faciaux féminins en inuktitut