Colin Dale en vidéo

Sur le blog « Needles and Sins Tattoo », une vidéo de 3 minutes montre Colin Dale (tatoueur déjà mentionné dans deux de nos articles) à l’ouvrage, tandis qu’il répond en même temps aux questions d’un reporter de Bizarremag sur l’histoire du tatouage cousu. L’article, posté le 15 juillet 2010 par Marisa Kakoulas (directrice du site, de son vrai nom Marisa DiMattia), une avocate, écrivain et amatrice de tatouage, fait référence à l’article de Lars Krutak sur les « tatouages des chasseurs-cueilleurs », dont nous avons déjà parlé.

Une autre vidéo est visible sur youtube, mais elle est de moindre qualité étant donné qu’elle a été filmée à partir d’un écran par une certaine Monica Oldenburg. Il s’agit d’un extrait de l’émission du studio de tatouage Ancient Ink, diffusée sur History Channel en 2011.

Bien que de qualité assez médiocres, tant au niveau de leur aspect visuel ou sonore aussi bien que de la limite de leur contenu, ces vidéos nous permettent de voir et de comprendre un peu mieux la technique du tatouage cousu, et de nous familiariser avec l’un de ces uniques praticiens actuels.

Michèle Therrien : « Traces sur la neige, signes sur le papier. »

Michèle Therrien est ethnologue et professeure des Universités à l’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO), comme le précise le site des Belles Lettres, qui a publié son ouvrage intitulé Les Inuit (sur lequel Inuitartzone.com a récemment publié un article). Spécialisée notamment dans la langue et la culture de ce peuple, elle a écrit « Traces sur la neige, signes sur le papier. Significations de l’empreinte chez les Inuit Nunavimmiut (Arctique québécois) », un article paru dans le Journal de la Société des Américanistes, tome 76, 1990, aux pages 33 à 53.

Elle y évoque la trace de pas dans la neige, extrêmement présente dans le lexique de la langue inuit (différents mots sont utilisés pour désigner les diverses formes de traces, révélatrices du but de déplacement voire même des ses modalités, il existe un mot pour désigner des traces d’aller-retour, un autre pour des traces de quelqu’un en visite chez un voisin…) et dans toute la culture du peuple.

« La trace de pas, malgré sa fragilité et la modestie de ses contours, prend un relief saisissant chez les Inuit, peuple de chasseurs-pêcheurs qui en privilégiant les formes discrètes de la présence humaine (maisons, sépultures basses) n’a jamais attenté à l’intégrité du paysage, ce qui a permis à certains d’affirmer que les Inuit laissent peu de traces et que l’on peut mieux occuper ces espaces « vides ». Les principaux intéressés s’insurgent et déclarent que leurs traces couvrent le sol arctique, qu’elles sont la preuve indubitable de l’exploitation effective du territoire et de son appropriation physique millénaire. La trace anime la nature, lui donne un sens.

Expérience à la fois pragmatique et symbolique, la trace situe les vivants les uns par rapport aux autres, relie les mondes visibles et invisibles, crée des liens étroits avec d’autres expériences de marquage parmi lesquelles la couture, le tatouage et aujourd’hui l’écriture. »

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Ainsi l’écriture, elle même héritière du traçage et de la lecture de ces marques laissées dans le sol, est comparée à la couture et au tatouage comme « technique de marquage, de repérage et d’identification ». C’est en effet toujours cette même idée de tenter de maîtriser le territoire, de maîtriser sa pensée, mais aussi de maîtriser son corps, qui est poursuivie. Dans l’écriture comme en ce qui concerne le tatouage, « les signes en succession régulière sur une surface uniforme rappellent une expérience connue, celle des pas sur la neige, eux même vus comme des vestiges inertes posés sur une étendue inanimée auxquels seul le savoir confère une intelligibilité. »

Au fil et à l’aiguille

Nous vous présentons ici une page datée de 2008, tirée du site de l’anthropologue du tatouage Lars Krutak, maintenant bien connu (voir l’article sur le site éponyme de Lars Krutak plus en détails), qui concerne plus particulièrement la technique du tatouage cousu dans son ensemble. Comme nous avons déjà parlé (ici) en long et en large de Lars Krutak et de l’immense intérêt de son site et de son travail en général, concentrons nous ici sur le contenu de son article.

L’article commence et conclut sur l’aspect mystique et spirituel du tatouage cousu. Il s’agissait d’abord d’un langage visuel, qui exprimait des croyances personnelles et des valeurs culturelles ancestrales. Il comportait un aspect magique, réduisant l’infertilité, éloignant les mauvais esprits. L’article étudie plus en détail le tatouage cousu dans l’arctique et le tatouage cousu dans la civilisation péruvienne des Chimù (1000-1470).

Le tatouage cousu dans l’arctique

Le tatouage cousu est surtout caractéristique des peuple de l’arctique, qui le pratiquent depuis plus de 2000 ans. Il communément porté et pratiqué par les femmes : les artistes étaient en général des anciennes du village. La plupart du temps le tatouage était fait à main levée, mais parfois, l’artiste esquissait les contours avant de commencer à coudre.

Sur l’île de Saint Laurent, le pigment utilisé était fait à partir de la suie produite par les lampes à huile de phoque. La suie était mélangée à de l’urine, le plus souvent d’une vieille femme, et parfois à du graphite ou à de l’huile de phoque. C’est dans ce mélange qu’on trempait le tendon qui servait de fil. On cousait ensuite de petits points sous la peau, formant le motif désiré. Les aiguilles étaient à l’origine des éclats d’os, mais avec le temps les habitants de l’île utilisèrent des aiguilles de métal.

Selon une des doyennes de l’île, les aiguilles étaient stockées dans des sacs en intestin de phoque, et personne d’autre ne devait toucher aux aiguilles des tatoueurs. Dans le cas où quelqu’un se blessait avec une aiguille réservée au tatouage, on ne pouvait plus l’utiliser jusqu’au rétablissement. Dans le cas où la personne mourrait, l’aiguille était enterrée avec ou détruite. On voit bien là l’aspect spirituel du tatouage et des objets liés.

D’autre part, le tatouage pouvait avoir une dimension médicale en plus d’ornementale, selon sa situation sur le corps, s’apparentant à de l’acupuncture.

Le tatouage cousu chez les Chimù

Le tatouage Chimù n’étant pas le sujet du blog, nous allons juste résumer les différences et similitudes entre le tatouage inuit et le tatouage cousu péruvien. Il semblerait que dans les deux cas, le tatouage soit une pratique féminine, mais chez les Chimù, le tatouage masculin était plus courant, et il n’était pas systématique chez les femmes ; seul un tiers de la population était tatoué. C’est surtout dans la technique et les matériaux qu’on constate des différences : chez les Chimù, les aiguilles sont en matériaux divers tels que des arêtes de poisson, plumes de perroquet, pointes de coquillages, et les pigments proviennent de fruits écrasés tels que le genipa au fort pouvoir colorant.

Lien de la page : http://www.larskrutak.com/articles/Thread_Needle/index.html

« Women with walrus beards », par Søren Duran Duus

« Women with walrus beards » est un article de Søren Duran Duus, dont on ne peut trouver sur la toile qu’un profil facebook peu fourni, qui nous apprend cependant dans l’adresse URL de la page sa fonction de journaliste, ce que semble confirmer la légende de la photographie qui illustre cette page du journal danois Sermitsiaq, qui le qualifie de « netradaktor ». L’article, trouvable sur Google, semble cependant « perdu », introuvable sur son site d’origine : Air Greenland, une compagnie aérienne du Groënland.

Søren Duran Duus cite un certain nombre de personnes existantes ou ayant existé pour appuyer ses dires, dont les informations trouvables sur internet coïncident avec celles qu’il donne. Ainsi, bien que le cursus de l’auteur soient incertain, la date de l’article soit inconnue et que la provenance de la page soit assez obscure, l’article traite brièvement de l’histoire du tatouage sur les terres inuit et nous apprend un certain nombre de choses, qu’il faut néanmoins considérer avec précaution.

En effet, une première incohérence est à relever dans la datation de la plus ancienne preuve de trace de tatouage Inuit, constituée par une petite figurine en ivoire retrouvée en Alaska, datant de 95 avant Jésus Christ. En effet, nous avons déjà vu que Lars Krutak parle d’un masque en ivoire sculpté à l’effigie d’un visage tatoué qui, lui, remonterait à 3500 avant Jésus Christ. Sans doute l’article de Søren Duran Duus a-t-il été écrit avant la découverte mentionnée par Krutak.

L’auteur parle ensuite du conservateur des Archives et Musée nationaux du Groënland, Hans Lange (son LinkedIn) qui, bien que fasciné par le tatouage au Groënland, admet le fait que les sources et la documentation à ce sujet sont très limitées : les sources matérielles sont principalement basées sur trois ou quatre fouilles ou expéditions, et les premières études détaillées des pratiques du tatouage aux Groënland remontent à la fin du XIXe siècle, voire au début du XXe. La cinquième expédition de Knud Rasmussen (sa page Wikipédia), en 1921-24 a mis au jour d’importantes informations concernant les variétés de tatouages et la mentalité des Inuits associée à cette pratique.

Les tatouages inuit peuvent symboliser un grand nombre de choses, mais c’est surtout la force, ou la beauté chez les femme qui est célébré à travers eux, entre autres significations plus personnelles ou pour l’entourage de la personne. Le premier tatouage d’un homme est appelé kakileq, le « premier tué », c’est une ligne sur la joue qui symbolise le premier phoque, morse, ours polaire ou baleine tué. Chez la femme, on parlera de « barbe de morse » pour désigner les traits au menton qu’on lui trace au moment de la puberté.

Les momies de Qilakitsoq près d’Uumannaq (dont nous avons déjà parlé ici) sont sans doute les plus célèbre du Groënland : cinq ou six d’entre elles sont des femmes tatouées, mortes environ vers 1475. Un siècle plus tard, en 1566, une femme Inuit avec des tatouages faciaux est capturée en Terre Neuve, au Canada, et sera montrée dans des cirques à travers toute l’Europe…

Les missionnaires chrétiens ayant trouvé la pratique contraire aux usages de leur religion, cette dernière, considéré comme « porteuse de péché », a été interdite. C’est probablement la raison pour laquelle la pratique s’est éteinte relativement rapidement à l’ouest du Groënland, comme l’écrit David Crantz (sa page Wikipédia), dés 1765, dans son Histoire du Groenland.

Lars Krutak : « Le tatouage chez les chasseurs-cueilleurs en Arctique »

C’est un véritable dossier sur le tatouage inuit que « l’anthropologue du tatouage » Lars Krutak (présenté plus en détails, ainsi que son site, dans cet article) nous propose sur son site éponyme. Créé en 2013, il traite d’une grande variété de thèmes, tous liés au tatouage, et ce dans un grand nombre de cultures.

Écrit en 2000, l’article est complété d’une bibliographie très fournie (plus d’une cinquantaine de références !) et se révèle extrêmement complet, mettant en lien la pratique du tatouage et la description minutieuse des techniques qu’on trouve dans les différentes régions habitées par les Inuits avec les croyances et les légendes de ce peuple.

Dans son introduction, Lars Krutak fait par exemple coïncider la preuve archéologique (le masque en ivoire dont nous avons parlé dans l’article sur Billy Merkosak) prouvant que la pratique du tatouage remonte chez les inuits à au moins plus de 3500 ans, avec leur mythologie, qui associe le tatouage à la création du soleil et de la lune.

S’ensuivent ensuite différentes parties qui organisent et structurent son article, dont voici ici de (très) brefs résumés.

« Les tatouages et la symbolique des pigments »

Lars Krutak nous informe des différents procédés de tatouage utilisés dans les régions où résident le peuple inuit, à travers des témoignages d’explorateurs ou d’anthropologues. Si chez les eskimos du centre vivant près de Daly Bay et autour du Détroit de Bering, c’était seulement le trou dans la peau qui était fait avec l’aiguille, et que la suie était ensuite déposée en y introduisant une aiguille de pin, Otto W. Geist (archéologue de l’université d’Alaska) écrit quant à lui en 1926 que sur l’Ile Saint Laurent, c’est la méthode du fil (tendon de rennes ou de mammifères marins) et de l’aiguille (morceau d’os puis plus tard, acier) qui prévaut, ou seulement de l’aiguille trempée dans le pigment (Noir de fumée ou graphite, ces deux éléments étant réputés pour « chasser » les mauvais esprits). A chaque fois la suie était mélangée avec de l’urine (censée repousser les esprits, elle possède en plus un haut taux d’ammoniac, ce qui permet d’éviter une infection et accélère la cicatrisation du tatouage).

« Le concept du tatouage en Arctique »

Le tatouage était souvent exécuté en lien avec les évènements funéraires, sous forme de petits points sur les articulations du corps (comme nous en avons déjà parlé dans l’article sur l’Encyclopedia of Body Adornment), mais aussi en lien avec la chasse, pour éviter de se faire posséder par l’esprit des animaux tués. Au contraire, les tatouages pouvaient également être utilisés par les chamans pour attirer des « forces spirituelles » en lien avec l’ « au-delà », et pas toujours pour repousser les esprits. Les « cercles nucléés », dont on a déjà parlé, héritiers des labrets, avaient eux aussi un rôle protecteur envers les mauvais esprits et les malheurs qu’ils pouvaient apporter. On pouvait aussi trouver des cercles, des demis cercles, des éléments anthropomorphes ou cruciformes : cela dépendait des maux à guérir, mais également de l’histoire de l’individu et de sa famille

« Les tatouages faciaux et corporels féminins »

Lars Krutak parle, sans surprise, du lien du tatouage féminin avec le mariage, d’un rôle de protection envers les ennemis, et de marques censées apporter fertilité à la femme tatouée, mais il précise également que les motifs des tatouages aux visages étaient souvent les mêmes d’une femme à l’autre, soit pour figurer les symboles qu’on vient de voir, soit pour montrer une appartenance à un clan ou à une famille : c’était donc souvent les mains qui étaient ornées de manière plus individuelle.

« La fonction médicinale des tatouages »

Les tatouages n’étaient pas seulement utilisés pour protéger des maux causés par les mauvais esprits, ils pouvaient aussi constituer des traitements préventifs ou curatifs d’un grand nombre de maladies. Des traces près du cœur pour des troubles cardiaques, de petits traits de chaque coté des yeux pour les troubles de la vision… Les tatouages étaient aussi des occasions pour pratiquer des « saignées », censées évacuer le « mauvais sang ».

« Le tatouage comme forme d’acupuncture »

Dans sa dernière partie, Lars Krutak rapproche les emplacements des points tatoués par les inuits avec les points d’acupuncture chinois, placés sur des « méridiens » et en étroites connexions avec les organes dont il convenait de préserver l’équilibre pour rester en bonne santé. D’après l’anthropologue, les « anciens » avaient conscience de ce parallèle entre leur art et celui de leurs voisins asiatiques, et des « momies » attesteraient de cette pratique chez les Inuits au XVe siècle.

Une version antérieure de l’article avait été publiée par Krutak sur Vanishing Tattoo, site élaboré en 1999 en collaboration avec d’autres passionnés du tatouage, mais les images n’y sont pas légendées. On peut également trouver un véritable « copié-collé » de l’article de Lars Krutak effectué le 24 septembre 2012 sur le blog arifulnews24.wordpress.com, avec tous les problèmes de mise en page qu’une telle pratique induit, même si l’auteur du billet cite tout de même sa source.

Cette nouvelle version demeure donc la plus agréable à l’oeil et la plus précise : illustré par de nombreuses images systématiquement légendées et pertinentes, car en lien direct avec le propos de Lars Krutak, cet article est extrêmement riche et très bien documenté, constituant une véritable référence, voire un outil de travail pour toute personne souhaitant approfondir ses connaissances ou faire des recherches sur le tatouage inuit.

Le tatouage sur l’encyclopédie Imago Mundi

http://www.cosmovisions.com est le site de l’encyclopédie Imago Mundi qui se présente elle-même comme suit :

« Imago Mundi est une encyclopédie généraliste, pluraliste et accessible à tous, construite selon 3 axes : monde de la matière, monde du vivant, monde des humains. Sont également présents des inventaires (dictionnaires, cartes, tableaux) et une bibliothèque numérique.« 

L’encyclopédie Imago Mundi

Elle a été fondée en 2004 par Serge Jodraun journaliste scientifique et vulgarisateur français (selon Wikipédia), qui a collaboré aux mensuels Ciel et Espace (une liste de ses publications ici)  et Science et Vie (une liste de ses publications ici). Imago Mundi est à l’origine le titre de plusieurs ouvrages publiés par Pierre d’Ailly, théologien français, et dont le plus célèbre est un livre de cosmographie (d’où l’adresse du site au nom de cosmovision ?). Elle comporte 28 000 pages environ en 2013. Il ne s’agit pas d’une encyclopédie libre. Serge Jodra publie en réalité des reprises plus ou moins corrigées d’ouvrages anciens, avec l’aide d’autres collaborateurs, comme cela est très bien expliqué sur cette page d’explication des sources. Cela dit, pour certains articles, bien qu’on sache par la précédente explication qu’ils proviennent d’une des sources citées, aucune référence n’est notée en bas de page, et on ne connait donc pas la référence exacte. Pour finir, les pages, dont le contenu est assez exhaustif, sont peu organisées, la mise en page trop chargée nous décourage au premier coup d’oeil, il y a des pubs sur les côtés et l’en-tête ressemble à une publicité à petit budget. C’est en comparant cette encyclopédie à Wikipédia qu’on comprend le pouvoir de la collaboration de masse : Wikipédia n’a que 3 ans de plus, mais près d’ 1 350 000 articles de plus, dans l’ensemble assez justes et pour la plupart renvoyant à de nombreuses sources. La mise en page est en outre plus claire et plus simple d’utilisation.

Le contenu sur le tatouage inuit

C’est donc dans cette encyclopédie que l’on trouve une page sur le tatouage, dans la section art. Il nous présente d’emblée différentes techniques de tatouage, puis évoque rapidement les différentes pratiques autour du monde et à travers les époques. Il y a en définitive peu d’informations sur le tatouage inuit en lui-même, mais nous tenions à vous parler de ce site, car c’est l’un des premiers répertoriés dans Google. Pour le tatouage inuit donc, le site nous apprend ceci :

« Chez les Tchoukches, Nordenskjold a observé le tatouage sous-épidermique signalé auparavant chez les Inuit. Il s’opère en passant entre l’épiderme et le derme des aiguilles armées d’un fil enduit de graisse mêlée de suie de lampe. Il ne s’applique évidemment chez ces populations boréales que sur les parties qu’on peut voir, le visage, les mains, les pieds. (Zaborowski). »  © Serge Jodra.

En conclusion, cette page peut être utilisable comme une introduction à la pratique du tatouage en général, mais il est totalement abusif de la répertorier en première page sur google alors qu’on cherche des renseignements sur le tatouage inuit.

« Les tatouages inuits dans l’Arctique canadien » par les Cahiers de l’Observatoire Nivéa

Les cahiers de l’observatoire

Le site de l’Observatoire Nivea, un organisme de recherche pluridisciplinaire, publie en pdf ce qu’il appelle les cahiers de l’Observatoire, des dossiers présentés par des chercheurs sur des sujets ayant un rapport plus ou moins direct avec la peau. Dans le 8e cahier, nommé Couleur sur corps et ayant pour sujet le tatouage et les peintures corporelles, on trouve un article intitulé « Les tatouages inuits dans l’Arctique canadien » (p. 12-16).

Cet article a été écrit par Véronique Antomarchi (biographie), agrégée d’histoire-géographie, enseignante en BTS tourisme et en licence pro tourisme à l’université de Paris -X Nanterre et chercheuse associée au CERLOM (GDR Mutations Polaires Mutations Polaires). Elle s’intéresse notamment aux pratiques corporelles en milieu inuit. Elle a ainsi réalisé plusieurs enquêtes de terrain dans des communautés du Nunavik ( Arctique canadien) sur les couleurs et les tatouages (entre autres).

Le contenu sur le tatouage inuit

Complet et intéressant, cet article comporte de nombreuses références et aborde de nombreux points du tatouage inuit, notamment ses origines mythiques et sa disparition au XIXe siècle avec l’arrivée du christianisme, mais aussi sa survivance dans les populations inuit du XXIe siècle. L’article donne des renseignements sur la symbolique du tatouage inuit (un moyen de concilier les esprits ou de s’en protéger, par exemple), et les croyances associées : les grains de beauté sont considérés comme les traces des tatouages d’un ancêtre éponyme. Elle évoque également les techniques utilisées, les types de matériaux pour l’aiguille, les pigments, et la façon dont on pratiquait cette technique.

En conclusion, un article sérieux, avec moult références à consulter, et survolant de nombreux aspects du tatouage inuit. Un bon document pour commencer à s’intéresser au tatouage inuit.