Kunsten pa Kroppen : Histoire du tatouage inuit

Le site Kunsten pa Kroppen qu’on a déjà vu dans de précédents articles met à disposition du lecteur une histoire internationale du tatouage, du tatouage polynésien au tatouage asiatique, en passant par l’histoire du tatouage inuit, bien entendu.
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Cette histoire du tatouage inuit que nous propose Kunsten pa Kroppen est tirée, ainsi que les image, du livre de Chr. Ejlers Forlag, The Greenland Mummies, paru en danois en 1985 (réédité en anglais par Hart Hansen en 1990). Si le livre d’origine semble très documenté, Kunsten pa Kroppen nous en propose un résumé extrêmement succinct, mal organisé et avare d’informations. Les images sont peu décrites. Ainsi, on sait qu’un masque est gravé dans de l’ivoire de morse, mais on ne connait ni sa date, ni la culture ou le lieu dont il provient. Ou encore, on nous donne la date de création d’une peinture sans en préciser l’auteur.
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Cette histoire du tatouage est organisée en 4 parties ; une partie générale qui tente de retracer (trop) brièvement les témoignages de tatouage en arctique depuis les temps préhistoriques, une partie sur un portrait celui de Maria de Paamiut, une troisième partie sur les momies de Qilaqitsoq et la dernière sur les pratiques au Groenland oriental. Ce découpage est totalement injustifié, créant une forte disproportion entre les différentes parties.
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La partie sur Maria de Paamiut et les pratiques au Groenland oriental, par exemple, sont simplement constituées de deux ou trois photographies brièvement commentées. Le portrait de Maria de Paamiut illustre le tatouage facial inuit, mais n’apporte rien d’intéressant, il aurait pu être mis en exemple au cours de la présentation générale et cela aurait largement suffit. La partie sur le tatouage au Groenland oriental n’a pas plus d’intérêt telle quelle, elle aurait suffit en illustration. Il faut aussi remarquer que la pratique du tatouage au Groenland oriental n’utilise pas la technique inuit cousue ; pourquoi alors appeler la catégorie « Inuit » et non pas « Arctique » ? Enfin, comme avant, l’auteur des photographies ou du portrait n’est pas mentionné.
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Une autre partie est plus intéressante. Toujours aussi succincte, elle présente dans une sorte d’étude de cas les momies de Qilaqitsoq, trouvées en 1972 et datées du XVe siècle. Certaines momies présentent en effet des tatouages cousus, technique qu’on a pu déterminer lors de leur étude en laboratoire. Mais on reste frustré du peu d’informations.
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Momie de Qilaqitsoq

En conclusion, cette histoire du tatouage est trop sommaire pour être vraiment intéressante. Elle nous incite plutôt à consulter le livre dont sont tirées les informations, ou bien à lancer une nouvelle recherche.
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Kunsten på Kroppen : Erik Reime au centre archéologique de Lejre

Nous vous présentons ici une ressource mise à disposition sur le site Kunsten på Kroppen (voir l’article sur Kunsten pa Kroppen) dans la rubrique littérature ; il s’agit de l’article “Erik Reime le tatoueur” (en français) de Claire Artemyz paru dans le Tatouage Magazine n° 48 de Janvier/Février 2006. Il existe également en allemand  et en néerlandais. Claire Artemyz est une photographe française qui s’interroge sur la question du langage corporel et sur la question de l’identité, notamment au travers du tatouage. Elle a publié quelques articles dans des magazines de tatouages.

Cet article présente le festival protohistorique auquel participent les tatoueurs Erik Reime et Colin Dale :

Dans un univers de reconstitution historique allant de l’âge de pierre à l’époque des Vikings, la liste d’attente est de plus d’un an pour séjourner une semaine dans un village de huttes au toit de chaume et au sol en terre battue. Robes de bure et savates en cuir sont de rigueur pour les candidats au séjour. Pas d’eau, pas d’électricité bien sûr et pas d’appareil photo! On veille aux animaux (moutons, chèvres, bovins), on prépare du fromage et autres mets authentiques. Le site comprend aussi un village de I’âge de pierre, avec une tente en peaux de bêtes cousues. Plus loin, un marché viking offre, sous les tentes, les étals d’artisanats divers, toujours « style vintage ». On peut y regarder travailler un maréchal-ferrant, un artisan du cuir, on peut y déguster de la nourriture faite sur le feu, dans un grand chaudron en fonte ou dans les fours à demi enterrés où I’on cuit le pain.”

C’est dans cette atmosphère qu’on trouve le stand de tatouage d’Erik Reime et Colin Dale. Ils y pratiquent différentes techniques de tatouage à la main et reproduisent des motifs anciens. Ils ont commencé par reproduire des motifs scandinaves à l’aide de techniques vikings, mais se sont par la suite diversifiés, et on peut aujourd’hui passer à leur stand pour demander un tatouage cousu selon la pratique inuit.

Ici le tatoueur choisit d’utiliser une aiguille à bout triangulaire, adaptée au travail du cuir.

L’article présente de nombreuses fautes d’orthographes et notamment d’accent, si récurrentes qu’elles sont forcément dues à une retranscription difficile avec un clavier étranger (danois en l’occurence). Comme d’habitude sur le site, la mise en page est sommaire et pas très recherchée, l’accent n’est pas mis sur le design et l’alternance images – texte est mal organisée. Mais ce n’est pas une raison pour fermer la page, car celle-ci reste tout à fait lisible et son contenu est très intéressant. Le propriétaire du site a tenu a ajouter une petite biographie de l’auteur de l’article. On retrouve ce souci bienvenu de la référence partout sur le site.

Reprise de la technique traditionnelle du tatouage au fil par Erik Reime

Erik Reime tatouant

Première étape : le fil noirci est passé sous la peau, ainsi que l’aiguille.

Erik Reime, dont on a déjà parlé, a réalisé d’après une technique de tatouage inuit, un tatouage sur le bras d’une femme. 

Deuxième étape : le fil et l’aiguille sont ressortis, la couleur noire est laissée sous la peau.

Sur cette page, la réalisation du tatouage se présente sous la forme de photographies. Grâce à ces photos, on visualise bien le procédé traditionnel de tatouage inuit consistant à passer sous la peau une aiguille et un tendon noirci à la suie laissant une trace noire au passage. Ces dernières informations viennent du livre Spiritual Tattoo, de John A. Rush, p.90 (en partie consultable sur google books), car en effet Erik Reime ne précise pas ses outils (quel fil ? comment le noircit-il ?). C’est donc uniquement l’illustration du procédé qui nous intéresse ici.

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Résultat du tatouage

Kunsten på Kroppen

Le site danois Kunsten på Kroppen (litt. « l’art sur le corps ») est mis en ligne par trois tatoueurs danois Erik Reime, Kai Uwe Faust et Marcus Hammer qui travaillent ensemble à Copenhague dans le studio de tatouage du même nom. Le site est disponible en danois et en anglais. Ces trois tatoueurs sont spécialisés dans le tatouage à la main et reprennent des techniques ancestrales originaires du monde entier. Ils nous présentent leurs travaux, de nombreuses références et les photographies prises lors du festival protohistorique auquel ils participent chaque année au centre archéologique de Lejre au Danemark.
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Page d'accueil du site Kunsten pa Kroppen

Page d’accueil du site Kunsten pa Kroppen (version en anglais)

Le site n’est pas extrêmement clair ni harmonieux (le texte varie constamment de taille et de couleur) mais on s’y retrouve. Il a le mérite de développer une panoplie très large de rubriques, que ce soit pour présenter le studio, les tatoueurs, le festival archéologique de Lejre ou encore l’art du tatouage. Ils proposent en outre une F.A.Q. et une page de ressources très variées ; références d’articles, de thèses, d’ouvrages en passant par de nombreuses vidéos. Un autre point fort : le site est très fourni en photographies. Un bémol cependant, aucune de ces rubriques n’est très fouillée. Tous les renseignements sont référencés, mais le contenu reste pauvre, et les photographies sont rarement commentées.
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Erik Reime est d’abord spécialisé dans le tatouage scandinave, mais il s’intéresse également au tatouage cousu selon la technique inuit. Il nous présente ici pourquoi et comment il fait perdurer des techniques anciennes. Les techniques traditionnelles se perdent surtout depuis l’invention de la machine électrique de tatouage. Erik Reime nous propose sa théorie quand aux origines du tatouage et présente ce qui aurait pu être des  techniques préhistoriques de tatouage. A ne pas prendre pour argent comptant. Il nous expose les différentes techniques qu’il reprend, et le matériel qu’il utilise ; il choisit par exemple de ne pas utiliser les pigments originaux, mais des pigments modernes qui tiennent mieux.
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Erik Reime tatouant selon une ancienne technique viking au centre archéologique de Lejre en 2012.

Erik Reime tatouant selon une ancienne technique viking au centre archéologique de Lejre en 2012

 
Nous étudions d’autres pages de ce site plus en détail : ici la technique du tatouage, ici le commentaire d’un article et ici l’histoire du tatouage inuit.
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