Encyclopedia of Body Adornment

Encyclopedia of Body Adornment (littéralement : « Encyclopédie de l’ornement corporel »), est un ouvrage de Margo DeMello, professeur de sociologie et d’anthropologie au Central New Mexico Community College, comme le précise la rubrique « à propos de l’auteur » sur cette page du site Googlebooks. Numérisé sur ce-dernier, le livre n’est cependant consultable qu’en partie.

En effet, comme le précise le site, « un grand nombre des ouvrages proposés dans le cadre de Google Livres proviennent d’auteurs ou d’éditeurs participant à notre programme Partenaire Google Livres. Ces partenaires décident alors le pourcentage de contenu consultable : de quelques pages à l’intégralité du livre. » Pour pouvoir le consulter en entier, il faudra donc attendre que le livre tombe dans le domaine public : ainsi, il ne sera plus protégé par des droits d’auteur.

L’article de l’Encyclopédie concernant le tatouage inuit est intégré dans la partie consultable en ligne : il se situe pages 162-163.

Margo DeMello y explique que les Inuits (terme qui englobe les peuples indigènes vivant le long des côtes arctiques de Sibérie, d’Alaska, du Groenland et du Canada) ont pratiqué une forme unique de tatouage pendant environ 3500 ans. Il agissait soit comme marqueur d’un évènement important pour l’individu, soit comme « protection magique » contre toute une variété de maux.

Comme chez leurs voisins du Pacifique Nord Ouest (DeMello ne précise pas de quel peuple il s’agit exactement), les tatouages étaient essentiellement portés par les femmes (des tatouages faciaux sous forme de lignes et de motifs géométriques). Les tatouages au menton, reçus à la puberté, montraient la disponibilité mariale d’une femme et sa capacité à endurer la souffrance, ce qui était  une caractéristique séduisante et recherchée chez une femme. Elles pouvaient aussi recevoir, parfois, des tatouages sur les cuisses, pour porter chance lors de l’accouchement et pour montrer quelque chose de beau aux enfants dés leur sortie du ventre.

Comme nous l’avons vu dans l’article Tattoo Archive : Introduction au tatouage inuit (peut être sont-ce là les sources, non précisées sur son site, de C. W. Eldridge ?), c’étaient les femmes les plus âgées qui tatouaient, utilisant des aiguilles d’ivoire ou d’os et du fil trempé dans de la suie qu’elles passaient directement sous la peau (« cousant » littéralement, comme lors de la confection d’un vêtement) pour y laisser la couleur noire. On retrouve également l’information concernant les tatouages masculins, qui indiquaient les succès à la chasse ou à la guerre, avec un tatouage spécial pour avoir tué un homme (deux lignes horizontales au travers du visage) ou avoir tué une baleine (une ligne s’étendant de la bouche à chacune des oreilles, ou parfois un simple point sur une articulation).

L’article de DeMello nous apporte cependant de nouvelles informations sur de petits tatouages en forme de points, portés aussi bien par les hommes que par les femmes, au niveau des articulations du corps (qui, de manière intéressante, correspondent à des points d’acupuncture), pour les protéger du mal pendant les deuils et les funérailles, car selon leurs croyances, les esprits pouvaient entrer par ces articulations si elles n’étaient pas « fermées » par ces points, pour causer des maladies, voire la mort. DeMello fait également référence aux « cercle nucléés »,  ce qui complète la fin de notre article sur « Ce qui est bien est beau » dans la revue Terrain : ces tatouages, très communs, étaient portés des deux cotés de la bouches, entre la lèvre inférieure et le menton, à la place des labrets portés par d’autres peuples du Nord (voir image ci-dessus) et pouvaient également avoir un rôle protecteur.

L’auteur ouvre ensuite son article en proposant un approfondissement dans deux ouvrages spécialisés. Ce passage de The Encyclopedia of Body Adornment nous apporte donc des compléments d’informations non négligeables, tout en confirmant une partie de celles que nous avions déjà. Il est issu d’un ouvrage sérieux, écrit par une femme œuvrant dans le milieu universitaire et complété d’une bibliographie (non consultable en ligne). Seules des illustrations manquent peut être à ce livre, mais il semble tout de même faire figure de référence dans le domaine du tatouage, et de l’ornement corporel en général.

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